en cette période électorale, c'est l'occasion des rencontres et des débats publics. Voici le ressenti de Serge suite à la réunion du Front de Gauche, la semaine dernière, animée par Alain Le Prest.
Au cours du récent débat organisé par le Front de Gauche avec des participants professionnels de la culture, le Directeur de la scène nationale de Dieppe a posé une question très pertinente à la tête de liste Sébastien Jumel , en substance : " Ne trouvez vous pas qu'il y a une tentation dangereuse et de plus en plus répétée, chez les élus, d'organiser des coups culturels, médiatiques, qui servent de vitrines prestigieuses pour leurs initiateurs, mais s'éloignent d'une politique culturelle de fond?"
Effectivement, il a y un réel danger à voir se répéter des manifestations très spectaculaires et populaires telles que l'Armada, le cinéma à 3 € pour tous, La Normandie et les impressionnistes, Johnny Halliday place de la Concorde, etc...parce qu'elles ne viennent pas forcément s'ajouter à un investissement de fond, à long terme, sur l'éducation populaire pour l'accès aux phénomènes culturels mais s'opposer (budgets serrés obligent), et devenir la référence d'une collectivité en matière d'action culturelle.
Exemple : Subventionner une école de musique, un centre culturel de quartier, un petit cinéma d'art et d'essai, (tiens, pourquoi pas ?...), une association d'apprentissage au théâtre, une résidence d'artistes, est une action éminemment porteuse, un travail de fond mais qui ne se voit pas, n'apporte pas un retour palpable immédiat, une "plus value politique" en termes de prestige pour une collectivité. Alors que le "pass cinéma" pour les jeunes avec affiches dans toute la ville!....ce sont des voix à venir (et de l'argent au passage pour les multiplexes).
A cet effet, de plus en plus, les politiques culturelles de la gauche (non communiste) ressemblent à celles de la droite. On ne doit pas mélanger les gommes et les crayons. Si on a une conception progressiste et humaniste de la culture, on se doit d'y réfléchir et asseoir des principes clairs. Notre bataille pour la survie du Melville par rapport au projet du Gaumont République n’est elle pas directement liée à cette dualité de conceptions ?